Je suis bipolaire, et alors ?

03 novembre 2009

le travail

Je reviens après quelques mois de recherche assidue de travail, de travail, de rechomage, de retravail, et me revoilà encore au chomage. Je lis vos messages et je crois comprendre que c'est principalement la peur de ne pas y arriver, de s'épuiser, d'en faire trop, de rechuter, qui nous empêche d'avancer. Mais je pense que cette peur est un leurre, car dans la mesure où nous connaissons bien notre maladie, nous pouvons essayer ce que nous voulons, et ensuite nous observer afin de voir si ce travail a ou non des répercussions négatives, auquel cas il est toujours temps de cesser avant de tomber vraiment malade. Du moins c'est ce dont j'essaie de me convaincre.
En tout cas j'ai travaillé à temps plein en septembre et ma foi je m'en suis très bien sortie, et effectivement j'étais même moins fatiguée que pendant mon chomage ! Là je suis en attente d'une réponse pour un entretien que j'ai passé aujourd'hui même pour un emploi au sein d'une clinique ... psychiatrique ! La vie est curieusement faite. J'ai l'impression d'avoir un pied de chaque côté de la barrière et j'ai un peu peur que le contact avec des malades psy soit une difficulté insurmontable, mais encore une fois, cette peur est sans doute un leurre. Après tout ces dernières années je n'ai fait que mieux connaitre ma maladie, dépasser mes peurs, alors pourquoi pas celle là ?

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17 février 2009

la fatigue, symptôme résiduel

J'aurais besoin de savoir si vous aussi rencontrez des problèmes d'hypersomnie. Pourtant en ce moment je suis en période stable, ma thyroïde est régulée correctement, mais je dors... tout le temps ! Je dors 12 heures par nuit et je fais 3 heures de sieste par jour si je ne lutte pas pour rester debout. Le psychiatre m'a dit que la fatigue était un symptôme dit "résiduel" de la bipolarité, c'est-à-dire que même quand tout va bien, il y a toujours des choses, des petits symptômes qui nous rappellent que la maladie est là. Seulement en ce moment je suis en recherche d'emploi donc je peux dormir, mais comment je vais faire quand j'aurai un travail, même à temps partiel ?

fatigue

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02 février 2009

Retour

ça fait un bail que je suis pas venue sur le site. Je n'en suis pas très fière. Je crois que j'ai eu besoin de "prendre l'air", de penser à autre chose, de vivre différemment ma vie. J'étais dans une période sereine et agréable : j'ai déménagé chez mon ami, je découvre une nouvelle ville qui ma foi m'accueille les bras ouvertes, bref je me sentais bien ces derniers mois dans mes baskets, sans pour autant tomber dans des excès qui m'auraient alertée.
Mais depuis une semaine ça ne va plus trop. Je ressens de nouveau le besoin de venir discuter ici, de parler, de me sentir comprise. J'espère que malgré mon absence de ces derniers mois vous aurez la gentillesse de me pardonner et de me lire encore.
Je crois que mon plus gros problème ces temps ci c'est la boulimie. Je vois quelqu'un depuis quelques mois déjà pour ça (une nutritionniste sur nantes qui est compétente et m'aide beaucoup), ça allait mieux, j'avais maigri et repris des habitudes alimentaires plus saines, et j'ai rechuté. Dans ces moments là je me sens terriblement seule et incomprise. J'ai dans la bouche ce gout écoeurant de chocolat et de graisse, tout en sachant qu'à la première occasion je recommencerai. Des fois je me demande si je n'ai pas peur de maigrir. Je sais que ça peut paraitre ridicule mais quand je vois que chaque fois que j'y arrive, aussi sec je me rejette sur la nourriture en me disant "oh bah ça va tu peux y aller, tu as maigri", je me demande si je n'ai pas peur d'y arriver, de vivre sans ça. De changer, finalement.

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13 novembre 2008

un anti-déprime ?

J'ai découvert il y a une petite semaine qu'il existe un anti-déprime naturel, "saframyl". Je vais vous dire ce qu'en dit la brochure, car je ne l'ai pas essayé : 100 % efficace (ça commence mal, j'ai du mal à croire ce genre de statistiques), prouvé cliniquement, triple action sur les neuro-médiateurs de la bonne humeur (tryptohane qui favorise la production des neuromédiateurs, vitamine B6 qui intervient dans la production des neuromédiateurs et satieral qui permet d'augmenter la concentration des neuromédiateurs) : 100 % des sujets ne sont plus déprimés en 14 jours.
Je ne sais pas trop quoi en penser. A vrai dire ma première réaction (qui n'est pas forcément la bonne, mais je vous la livre telle qu'elle) a été plutôt négative : j'ai l'impression qu'en créant des anti-déprime naturels on décrédibilise (plus encore que ça ne l'est déjà) les anti-dépresseurs, or il ne s'agirait pas de confondre déprime et dépression, et il ne faudrait pas non plus que par refus de prendre des anti-dépresseurs (efficaces) on se rabatte sur des anti-déprime qui ne soulagent, je pense, pas tous les maux de la dépression, loin de là.

saframyl

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La santé, l'affaire de tous

Peut-être que je suis trop dure, mais je n'arrive pas à plaindre les gens qui ont les moyens d'aller bien mais qui restent dans leur souffrance par refus de se soigner, d'accepter leur statut de malade. Pourtant je sais que ce statut est difficile à accepter. Mais je crois qu'il ne faut jamais oublier qu'autour de soi on a de la famille, des amis, des proches qui tiennent à nous, qui nous aiment et qui par conséquent se font beaucoup de souci quand on va mal ; et ne serait-ce que pour eux, on se doit il me semble de ne pas faire de son traitement une affaire personnelle. Aller bien, c'est l'affaire de tous.
Alors, quand mon psychiatre (que je respecte au plus haut point cependant) se permet de comparer mon discours sur ces personnes qui ne se prennent pas correctement en charge et une mauvaise gestion momentanée de mon traitement (je suis arrivée à court d'un ou deux médicaments sans l'avoir vu venir), ça me met en rogne.

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23 octobre 2008

petite illustration

Pour illustrer mes propos d'hier sur ce médecin-je-sais-tout-et-j'applique-les-mêmes-principes-rigides-sur-tout-le-monde-sans-faire-de-nuances, je vous propose cette jolie petite phrase :

"La connaissance c'est savoir que la tomate est un fruit.
La sagesse c'est de ne pas la mettre dans une salade de fruits."

tomate

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22 octobre 2008

mourir ou grossir, telle est la question

J'avais arrêté de fumer pendant quelques semaines ET entrepris un régime en même temps, principalement pour éviter de grossir à cause de l'arrêt du tabac, et j'étais suivie par mon généraliste pour tout ça. Puis il s'est avéré que c'était trop dur, je mangeais trop, et du coup je me suis remise à fumer. J'en ai parlé à mon médecin qui m'a engueulée et qui m'a dit d'un ton on ne peut plus condescendant : "c'est vous qui voyez, si vous préférez mourir plutôt que grossir..." J'ai trouvé ça dingue, qu'un médecin ne puisse pas comprendre qu'avoir à la fois un problème alimentaire ET une dépendance au tabac est particulièrement dur à gérer, et qu'il applique bêtement ses principes rigides sur tout le monde. Je ne me cherche pas d'excuses. Seulement j'ai choisi de prendre le problème à l'envers et d'aller voir d'abord une nutritionniste pour calmer mes problèmes de nourriture, et ensuite, quand ça se sera tassé, de réarrêter de fumer. Et lui n'a même pas su voir que je luttais au quotidien et que tout ce que je fais, c'est pour essayer d'aller mieux et d'avoir une vie saine.

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16 octobre 2008

les bipolaires à la télé !

C'est... comment dire... navrant ? amusant ? Je regardais la télé la semaine dernière et le lundi, dans "cold case affaires classées", une femme malade, représentée comme complètement folle, et diagnostiquée maniaco-dépressive. Et ce n'est pas la première fois. Que ce soit dans "Urgences", dans des séries policières américaines, allemandes, françaises, la bipolarité est un succès. Quand on doit représenter quelqu'un de malade "dans sa tête", c'est toujours un bipolaire. Parce que c'est tellement facile à caricaturer, un bipolaire : alternant entre périodes de folie furieuse ( cette femme mettait le feu à son appartement et avait l'air de trouver ça drole ) et idées sordides, le spectateur est face au dérèglement total de l'esprit, tellement fascinant... Mais on ne parle jamais des bipolaires soignés, des bipolaires qui s'en sortent. Et quand le lendemain je vois dans "un jour une histoire" Delarue parler des "personalités toxiques" en mettant les bipolaires dans cette catégorie, j'ai un peu des frissons. Parce que certes, je suis soignée, et donc absolument pas toxique, ni pour moi ni pour les autres. Mais si je ne l'étais pas ? Est-ce véritablement mon cas serait aussi désespéré ? Est-ce que je suis avant tout cette malade représentée comme LE symbole du dérèglement de l'esprit, est ce que je ne suis que ça, derrière les médicaments ?

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01 octobre 2008

Absence

Et bien... le temps passe et je ne donne plus signe de vie. Pourtant je suis bien vivante, peut-être plus encore que quand je souffrais.
Je vais bien et ces derniers temps j'avoue que j'ai très peu pensé à la maladie. J'y ai si peu pensé que j'ai même oublié mon rendez-vous chez le psychiatre, ce qui ne m'était je crois jamais arrivé. En tout cas pas depuis des années.
Cela dit je reste à votre disposition pour discuter, répondre à des questions... Bref animer avec enthousiasme ce site que je ne souhaite pas voir mourir.

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25 juin 2008

la souffrance

Je ne sais pas si ça vient du poids de la tradition judéo-chrétienne qui m'aurait été transmise d'une manière ou d'une autre, ou si c'est tout autre chose, mais j'ai réalisé il y a quelques jours que je souffrais de ce qu'on appelle vulgairement "le complexe de Jésus Christ". Je crois qu'au fond de moi, quand je n'y réfléchis pas, j'assimile : "souffrir pour les autres" avec "être quelqu'un de bien". Et quand on suit cette logique basée sur les valeurs morales, on arrive à : "plus je souffre pour les autres, plus je suis quelqu'un de bien", et pire : "moins je souffre pour les autres, moins je suis quelqu'un de bien", ou "je suis heureuse, donc je ne suis pas quelqu'un de bien". Et cette culpabilité du bonheur est je crois profondément inscrite en moi, et difficile à déloger.

Posté par lucile290484 à 10:36 - Commentaires [6] - Permalien [#]