Je ne sais pas si ça vient du poids de la tradition judéo-chrétienne qui m'aurait été transmise d'une manière ou d'une autre, ou si c'est tout autre chose, mais j'ai réalisé il y a quelques jours que je souffrais de ce qu'on appelle vulgairement "le complexe de Jésus Christ". Je crois qu'au fond de moi, quand je n'y réfléchis pas, j'assimile : "souffrir pour les autres" avec "être quelqu'un de bien". Et quand on suit cette logique basée sur les valeurs morales, on arrive à : "plus je souffre pour les autres, plus je suis quelqu'un de bien", et pire : "moins je souffre pour les autres, moins je suis quelqu'un de bien", ou "je suis heureuse, donc je ne suis pas quelqu'un de bien". Et cette culpabilité du bonheur est je crois profondément inscrite en moi, et difficile à déloger.